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Jean Mas
www.jeanmas.com

Jean Mas est le co-fondateur du Festival du Peu avec Jean-Marie Audoli, maire de Bonson.

Né à Nice en 1946, Jean Mas vit et travaille à Roquefort Les Pins (France). 1973 est l’année à partir de laquelle Jean Mas s’ancre dans la mouvance artistique niçoise.
Il y est reconnu avec la production d’un objet caractéristique : La Cage à Mouches. L’objet princeps ‘Cage à Mouches’, véhicule essentiel de l’expression de Jean Mas, est perçu comme une mythologie individuelle dans le cadre d’un Art d’Attitude.
Par les différentes facettes de son œuvre, l’artiste apparaît d’une certaine manière comme synthétisant l’esprit de l’Ecole de Nice.
Lors d'un échange épistolaire en 1993, Pierre Restany s'adresse à Jean Mas en ces termes : «vous qui synthétisez l'esprit de l'Ecole de Nice…».
En 30 ans, la production artistique de Jean MAS s’est ramifiée et s’articule autour de quatre axes essentiels : une expression plastique (La Cage à Mouches, Les Bulles de savon, Les ‘Peu’, Les Ombres, Les Versions), une expression scénique (des performances "PerforMas", des conférences-actions), une expression littéraire (des romans, des catalogues et livres d’art), une expression filmique (Un Peu de Jean Mas, Une histoire de Peu)


 

Jean Mas, lors du Festival du Peu 2009
Photo Laurent Thareau

 

 
 
Giordano Bruno (1548 - 1600) — Emprisonné pendant huit années par l'Inquisition avant d'être brûlé, Giordano Bruno a connu une existence des plus troublées pour des raisons qui tiennent au contexte intellectuel de l'époque autant qu'à sa propre pensée. Celle-ci, incomprise de ses contemporains, a longtemps été trahie. Il est vrai que les écrits de Bruno, fort divers et d'une grande hardiesse, contiennent une profusion de questions dont il n'est guère aisé de saisir l'unité. Les thèmes les plus intéressants qu'il ait abordés, en philosophe, ont trait à la cosmologie, notamment aux rapports entre l'infinité de l'Univers et l'infinité de Dieu.
Encyclopædia Universalis, Jean Seidengart (agrégé de philosophie, maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris-X-Nanterre)


De Jean Mas à Giordano Bruno

Bonson, le 2 juin 2010


Cher Monsieur,

Permettez-moi un "cher ami", vous qui par-delà les siècles nous transmettez vos découvertes, vos intuitions et votre conception sensible de l’univers.
En nous proposant “de l’infini, de l’univers et des mondes” vous vous attaquiez à un dogme qui fit de vous un hérétique. La présentation d’un univers infini sans Dieu, vous conduisit à votre perte et, le 17 février 1600, la sentence fut exécutée. Le bûcher !
Martyr.
Oui ! Martyr de la science pour, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, avoir osé défier et rejeter ce qui était communément admis comme irréfutable.
Aussi, c’est artistiquement que je m’adresse à vous en requérant votre sympathie pour notre huitième Festival du Peu placé en cette année 2010 sous le signe de l’infini.
Je joins à ma lettre le programme des manifestations/expositions que nous pensons accorder à cette thématique. Merci par avance pour votre indulgence, et soyez assuré de notre regard toujours tourné vers ce qui nous échappe.
Permettez-moi aussi de faire partager à l’occasion de ce festival votre déclaration extraite de votre ouvrage précité et daté de 1584 : "C’est donc vers l’air que je déploie mes ailes confiantes, ne craignant nul obstacle, ni de cristal, ni de verre, je fends les cieux et je m’érige à l’infini. Et tandis que de ce globe je m’élève vers d’autres cieux et pénètre au-delà par le champ éthéré, je laisse derrière moi ce que d’autres voient de loin".
Au plaisir de vous lire… Infiniment vôtre.

Jean Mas

PS : "Des signes des temps" : introuvable !!! Nous ne possédons que le titre, en avez vous une copie ?

 


La réponse de Giordano Bruno à Jean Mas

Cher ami,

Avec votre huitième festival du Peu à Bonson, je découvre l’importance que vous attachez à la représentation de l’infini, de ce signe qui a émergé 50 ans après mon supplice !
Chez vous : signe venu de l’air par ce geste incroyable de votre artiste accroché au cordon ombilical d’une bête, d’un monstre volant ! (1). J’ai hâte de voir cela ! Ce geste sur fond de toile fait écho avec ce que vous appelez "la toile" et ses connexions qui n’ont pas de limite. Grandeur d’un signe, mon ami linguiste (2) me faisait remarquer que dans cette performance, le rapport au signifiant ne pouvait qu’être scandé, voire abrégé par le fait d’une coalescence impliquant un signifié supportant mal la barre marquant la fraction. Ainsi les effets de transcendance gagnent le plan d’immanence en permettant le surgissement de l’expression artistique (3). Voyez-vous, d’où je suis, c’est le temps qui vient vers moi, il ne s’écoule plus, aussi, je récolte et découvre ce qui vous échappe !

Infini, signe ressurgi chez un dénommé Wallis, vers 1655. Ressurgi du fond d’une humanité, plus particulièrement Indienne Ananta, le serpent de l’infini de l’éternité, symbolique issue de cette culture des Grands Nombres.

Voyez-vous, l’infini c’est l’inverse du Zéro : prenez un nombre, quel qu’il soit, divisez-le par 0 et vous avez l’infini ! Infini mathématique bien sûr.
Il convient de borner cette notion, pour la rendre tangentielle c’est-à dire propre à servir de révélateur. Dans votre festival, les gens, appréhendent à leur manière une relation disons artistique avec cela, notion qu’ils contiennent en l’exprimant par leur production, par la matière de leur Art. L’infini est par là même infini quant à ses représentations, il ne peut être atteint. Tenez, il en est de même pour les mathématiques qui indiquent les limites du mesurable dans l’univers, soit 10 puissance 42. Et du pensable comme valeur physique avec 10 Puissance 100, un au-delà de la physique.

Voyez-vous cher ami, le comble de l’infini, c’est qu’il ne peut être qu’indéfini ! Et c’est ainsi qu’il rejoint le domaine artistique, sans limite, sans borne mais pas sans lieu ! Et c’est ce lieu qui tient lieu de lien ! (4)

Amicalement à vous, aux artistes et aux habitants de cet incroyable village du "Peu"… et aux aides que vous nommez sponsors !…

Bruno Giordano

(1) Performance de Pascal Claeren
(2) Saussure
(3) A revoir ensemble, Monsieur Derrida émet des réserves…
(4) Là nous avons l’unanimité !

 
- FESTIVAL DU PEU ® -