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Sandra
D.Lecoq

Né en 1972 à Penja au Cameroun
Vit et travaille à Nice

www.documentsdartistes.org

 

Pittura in forma di rosa 2 Tissus, 200 cm de diamètre, 2012
J&P, le baiser Dimensions variables, 2013

Photo Hervé Demongeot, Bonson 2015

En voiture Simone !
En voiture ! Oui Simone, je deviens femme. Il faut dire que les hommes m’y poussent.
C’est la misogynie du milieu artistique historiquement construit sur une idée du génie masculin qui m’a poussée à jouer d’avantage avec les codes attribués au genre féminin et à rendre subversives des formes esthétiquement méprisées.
Par exemple, la série des « Flaccid painting » (peintures molles) se présente sous forme de couvertures tricotées sur lesquelles je viens coudre des formes de sexes d’hommes, découpées dans des chutes de tissus. Phallus ludiques mous, doux et chatoyants, la citation est littérale. Le phallus devient motif, il disparaît alors dans l’effet décoratif de la peinture pour y revenir avec la force de ce qui est insidieux.
La question du genre sexuel est au cœur du travail textile : on attribue trop souvent l’exclusivité du travail de fil et d’aiguille aux femmes mais qui oserait qualifier aujourd’hui de «travail de gonzesse» l’œuvre d’Alighiero E Boetti, de Mike Kelley ou encore des artistes du mouvement Supports/Surfaces ? Le geste obsessionnel de Pénélope reste gravé dans les esprits. Je pense à la série des Pénis carpet, peintures tressées aux formes oblongues qui tapies au sol finissent par grimper aux murs. «Pénélope la salope ou l’âme de la femelle sauvage».
Le titre Female wild soul est un texte récurrent dans mon travail. Il signe à sa façon et de manière presque désabusée ce marquage sexuel. Si la psychanalyse définit la femme en creux, je m’amuse à tourner en dérision ce soi-disant sortilège de l’incomplétude. La dynamique de celle qui cherche à en avoir est plus stimulante que celle de celui qui a peur de le perdre.
«Oui, l’homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste... Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes...» «Les hommes prennent des risques beaucoup plus grands, comme d’être détestés, d’être dans la polémique, d’être longtemps dans des champs difficiles.»
Ce genre d’argument désolant fabrique les positions parfois radicales de la plupart des artistes femmes. Une femme qui voudrait être l’égale de l’homme manquerait alors d’ambition ! A l’heure grise des préjugés archaïques, je m’amuse à imaginer Bustamante et ses comparses gonflés de testostérone au volant d’une puissante cylindrée rouge vif évidemment. Olé !
Sandra D. Lecoq, Nice 2010

 
 
 
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