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  Martin Caminiti



Né en 1959 en Italie. Il obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (D.N.S.E.P.) en 1987. Une bourse d’études lui permet, dans le cadre de la manifestation «Sous le regard» d’avoir un atelier à la Villa Arson et de rencontrer entre autres, Niele Toroni, Jan Dibbets, Stanley Brouwn. C’est là qu’apparaît pour la première fois la «roue de bicyclette» en hommage à Marcel Duchamp. En 1988, son travail est exposé pour la première fois simultanément à la galerie de l’Ecole de la Villa Arson et à l’espace contemporain du Fort Napoléon à la Seyne-sur- Mer. La Galerie Lola Gassin à Nice lui consacre une exposition personnelle en 1989. Depuis, ses pièces sont montrées aussi bien dans les lieux institutionnels de l’art contemporain que dans les galeries privées.

 

Sans titre
Fibre de verre, métal, 140 x 100 x 10 cm, 2003

 
L'humour de Caminiti, loin de toute amertume et de toute aigreur, était déjà traversé par cet esprit positif qui lui confère presque toujours une qualité ludique et joyeuse, une "bonne humeur" inventive dont on retrouve la trace dans l'ensemble de sa production. Cette fraîcheur enjouée est assez rare pour être signalée dans le contexte quelquefois hermétique et pesant de l'ironie postconceptuelle caractéristique de l'art en France à la fin des années quatre-vingts.
Mais ce qui constitue la véritable originalité de Martin Caminiti, au delà des références qu'il fait à la lignée des artistes manipulateurs d'objets et jongleurs de concepts, c'est la relation spéciale qu'il entretient comme sculpteur à la notion d'espace. Ses collages fonctionnent d'une manière métamorphique à partir d'un objet originel, retravaillé, augmenté, étiré comme une projection spatiale qui conserverait toujours le souvenir d'une bidimensionnalité initiale. C'est ainsi que l'aspect aérien et l'élégance nerveuse de la majorité des pièces évoquent souvent la netteté incisive et sans repentir de l'épure.
Ces qualités esthétiques particulières tiennent évidemment aussi à la matériologie propre à cette sculpture : scions de canne à pêche en fibre de verre, lames de bambou, fil de nylon ou d'acier ... Comme la modulation du trait est souvent produite par une tension qui dessine la courbe, aucune mollesse ne vient dégrader la dynamique de la construction graphique qui forme à partir du ready-made originel l'augmentation spatiale de la sculpture.
Le corps de la sculpture est ainsi paradoxalement donné à voir comme une évanescence signifiée par le dessin qui le matérialise dans l'espace. Les pleins et les déliés du trait indiquent alors avec élégance, dans ces dessins spatiaux le caractère mental de toute figuration dessinée.

JEAN-MARC RÉOL, DIRECTEUR DE LA VILLA ARSON,
ECOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D’ART (2000-2007)

 
 
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